Les Nations Unies dans le monde, un rôle légitime et objectif?

wide-view-un-general-assembly-hallXavier Kleinermann- Mentionner le nom des Nations Unies ne fait pas l’unanimité, et beaucoup de personnes possèdent une vision toute faite sur cette organisation internationale.

Avoir la chance de plonger dans un département de l’ONU permet d’observer, bien que de manière très limitée, l’organisation de plus près.

L’actualité mondiale fut très propice lors de cette mission, différents événements  ayant fait la une de la presse internationale, et possédant une double caractéristique : d’une part être lié à l’ONU de manière directe, et d’autre part interroger les Nations Unies sur leur raison d’être.

Que ce soit la Conférence des Nations Unies sur le développement durable à Rio, la crise diplomatique en Syrie avec la démission de Monsieur Annan, la crise au Mali, ou encore la candidature du Soudan au Conseil des Droits de l’homme, l’ONU s’est retrouvé dans plusieurs impasse qui perdurent encore maintenant.

Nous tenterons donc d’exposer dans un premier temps le cadre de quatre différents événements d’actualité en expliquant de manière brève et concise la situation pour chacun de ces faits. Par la suite, nous observerons de quelle manière les Nations Unies sont intervenues dans chacun de ces événements. Enfin, dans un troisième point, nous chercherons en quoi les Nations Unies se démarquent en 2012 de leur mission originale, afin de pouvoir tenter d’exprimer un jugement de valeur sur les positions adoptées.

Le thème abordé est complexe et lui dédier quelques lignes ne peut en aucun cas lui rendre justice. Par ailleurs, le niveau demandé pour aborder ce thème demande la connaissance d’un expert, ce que je suis loin de posséder.

C’est donc en nous aidant de différentes sources, la plupart directement liées aux Nations Unies, ou à des penseurs de la politique internationale, que nous chercherons à avoir une approche objective, en essayant de présenter des réponses concrètes à la question posée. Nous verrons comment les différents problèmes pouvant paraître d’origines très diverses, possèdent cependant des points communs. Leur étude nous présentera une meilleur compréhension du défit posé par la mission globale des Nations Unies.

  1. La candidature du Soudan au Conseil des Droits de l’homme de l’ONU

SWITZERLAND HUMAN RIGHTS COUNCILLe 15 août dernier, le journal Le Monde publie un article révélant une candidature au conseil des Droits de l’Homme très contestée sur la scène internationale : « Soudan, un désastre moral pour l’ONU » sur la candidature du Soudan comme membre au conseil des Droits de l’Homme.[1]

Le choix de présenter cette problématique en premier lieu est justifié par le fait que nous nous trouvons face à un fait d’actualité posant une objection à la raison d’être même des Nations Unies par rapport à sa mission finale.

Avant d’examiner le cas, il est important de préciser quelques notions clés au sujet du système de fonctionnement du Conseil des Droits de l’Homme :

Les membres du Conseil des droits de l’homme sont élus par l’Assemblée Générale pour un mandat de trois ans sans être rééligibles après deux mandats consécutifs. La composition du Conseil est répartie d’une manière géographique mondiale équitable. Cependant, à partir du 1er janvier 2013, selon les paragraphes 4 et 5 de la résolution 65/281 de l’Assemblée générale[2], le Conseil des droits de l’homme sera renouvelé chaque année.

Au mois de novembre, ce sont 5 des 13 états africains étant dans l’obligation de laisser à d’autres leur mandat au Conseil. Ils seront remplacés par cinq pays candidats et présentés comme candidats par le groupe des états africains des Nations Unies. Le nombre d’ouvertures étant égale au nombre de prétendants, les candidats sont certains de pouvoir occuper la nouvelle fonction. Ceci est dont la situation du Soudan, qui le mois prochain, figurera comme membre du Conseil des Droits de l’Homme.

Déjà dans le passé un cas similaire de candidature avait crée des débats lorsqu’en 2003, puis en 2010, Mouammar Kadafi avait siégé comme membre du Conseil des Droits de l’Homme. Ceci pose de sérieuses questions quant aux critères d’élections des candidats aux Conseil, puisqu’il semble que l’arrivée du Soudan ne soit pas un accident mais un acte volontaire. « L’élection du Soudan à la plus haute instance des droits de l’homme de la communauté internationale est assimilable à la nomination de Jack l’Eventreur à la tête d’un refuge pour femmes» affirme Hillel Neuer, directeur général de UN Watch.[3]

Par ailleurs, le Soudan ne répondrait pas aux critères de la Résolution 60/251 qui a établi le Conseil des droits de l’homme en 2006, ceci est repris par Neuer dans la même source :

  1. (L’assemblée générale) Décide que tous les États Membres de l’Organisation des Nations Unies pourront être candidats à un siège au Conseil ; lors de l’élection des membres du Conseil, les États Membres prendront en considération le concours que chaque candidat a apporté à la cause de la promotion et de la défense des droits de l’homme et les contributions volontaires qu’il a annoncées et les engagements qu’il a pris en la matière ; l’Assemblée générale pourra, à la majorité des deux tiers des membres présents et votants, suspendre les droits d’un membre du Conseil qui aurait commis des violations flagrantes et systématiques des droits de l’homme d’y siéger ;
  2. Décide également que les membres élus du Conseil observeront les normes les plus strictes en matière de promotion et de défense des droits de l’homme, coopéreront pleinement avec le Conseil et seront soumis à la procédure d’examen périodique universel au cours de leur mandat ; Les membres de l’Assemblée générale sont tenus d’élire des États au Conseil en « prenant en considération le concours que chaque candidat a apporté à la cause de la promotion et de la défense des droits de l’homme et les contributions volontaires qu’il a annoncées et les engagements qu’il a pris en la matière ». La résolution prévoit également que la capacité du candidat de satisfaire aux obligations liée à l’adhésion au Conseil doit être prise en considération. Entre autres obligations, les candidats  (a) « observeront les normes les plus strictes en matière de promotion et de défense des droits de l’homme » et (b) « coopéreront pleinement avec le Conseil»[4]

L’article du journal Le Monde rappelle au lecteur que à la tête du Soudan se trouve le seul chef d’état au monde, actuellement en fuite et accusé par la cours pénale internationale de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide commis sous ses ordres au Darfour.[5] Cependant, toujours selon le journal Le Monde, cette candidature soudanaise est soutenue par l’Union africaine dont la présidente, Nkosazana Dlamini-Zuma a dit : « Nous n’arrêterons pas Al-Bashir ! ».

koffi annan.jpgAlors qu’il était secrétaire général, Koffi Annan avait évoqué la situation au Darfour dans un rapport au Conseil de Sécurité : « Ce rapport, démontre, au-delà de tout doute possible, que les deux dernières années ont été rien de moins que l’enfer sur terre pour nos camarades humains du Darfour. Et malgré l’attention donnée par le Conseil à cette crise, cet enfer brûle toujours aujourd’hui. » [6] Comment alors, un pays qui se trouve dans de telles conditions, peut-il prétendre au Conseil des Droits de l’Homme ? Le Soudan, pour être élu, doit recevoir une majorité absolue de 97 votes lors des élections de l’Assemblée Générale du mois de novembre prochain. Hillel Neuer, directeur de UN Watch établi à Genève, a dans la même source, révélé que la candidature d’un pays n’a jamais été rejetée dans l’histoire de ces élections. « C’est la façon de procéder des ambassadeurs à l’ONU. De plus, le Soudan a été choisi pour diriger divers groupements des Nations Unies, de sorte que son élection au Conseil des droits de l’homme est tout à fait possible, même si elle est scandaleuse » a-t-il par ailleurs déclaré.[7]

Cependant, le 31 août, la Candidature du Soudan a été retirée suite à une campagne internationale lancée par UN Watch. La lettre officielle, selon les informations de la presse internationale, ne contenait aucune raison pour expliquer le retrait. L’organisation UN Watch déplore encore la candidature du Venezuela ainsi que du Pakistan.

Le retrait de cette candidature est un réconfort pour la communauté internationale, mais comment cependant les Nations Unies peuvent-elles permettre une telle candidature, tout comme celle de la Libye dans le passé?

  1. La conclusion de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable

rio20.jpg

Le deuxième événement sur lequel nous allons nous pencher est la conclusion du Sommet de Rio+20, qui a eu lieu 20 ans après la première conférence sur l’environnement et le développement, qui elle-même avait été organisée 20 ans après la Conférence sur l’environnement conclue par la déclaration de Stockholm le 16 juin 1972. Cette conférence est connue pour avoir voulu pousser l’environnement au centre des préoccupations internationales, avec comme objectif officiel la protection des droits fondamentaux pour chacun : « la nécessité d’adopter une conception commune et des principes communs qui inspireront et guideront les efforts des peuples du monde en vue de préserver et d’améliorer l’environnement ».[8]

Comment pouvons-nous définir le développement durable? Le deuxième sommet de la Terra à Rio en 1992 proposa une définition du terme que nous reprenons ici, intéressante car elle souligne les trois piliers: « Le développement durable est un mode de développement économique cherchant à concilier le progrès économique et social et la préservation de l’environnement, considérant ce dernier comme un patrimoine à transmettre aux générations future.»[9]

Il est intéressant de faire une brève comparaison des trois documents finaux issus des conférences de 1972, 1992, et 2012, ceci dans le but de mieux comprendre les critiques adressées à la conférence de cette année.

Le premier Sommet tenu à Copenhague concernait l’environnement avec pour but d’améliorer les circonstances de vie des hommes. Il visait essentiellement la protection de l’environnement. Ceci fut établit dans un document de cinq pages, comprenant vingt-six numéros, dont chaque numéro comprend une norme liée directement à la protection de l’environnement. À titre d’exemple, nous citerons les deux premiers principes de la déclaration finale:

Principe 1 : « L’homme a un droit fondamental à la liberté, à l’égalité et à des conditions de vie satisfaisantes, dans un environnement dont la qualité lui permette de vivre dans la dignité et le bien-être. Il a le devoir solennel de protéger et d’améliorer l’environnement pour les générations présentes et futures. A cet égard, les politiques qui encouragent ou qui perpétuent l’apartheid, la ségrégation raciale, la discrimination, les formes, coloniales et autres, d’oppression et de domination étrangères sont condamnées et doivent être éliminées.

Principe 2 : Les ressources naturelles du globe, y compris l’air, l’eau, la terre, la flore et la faune, et particulièrement les échantillons représentatifs des écosystèmes naturels, doivent être préservés dans l’intérêt des générations présentes et à venir par une planification ou une gestion attentive selon que de besoin. » [10]

Notons que les fils conducteurs à la base de la rédaction de ces premiers principes sont dans le premier principe le souci de l’amélioration de la qualité de l’environnement, tant au niveau de l’écologie, qu’au niveau du respect d’autrui.  À Rio en 1992, le thème de l’environnement fut renforcé par l’introduction du concept de « développement durable ». De fait, en se limitant aux deux premiers principes de la déclaration de 1992, il semblerait que la clé de lecture ne soit pas exactement identique à 1972. Nous constatons que la ligne directrice pour la rédaction de ces deux numéros toujours centrée sur l’humanité comme centre, prend également en compte le développement économique, et laisse le libre choix aux Nations de disposer librement de l’exploitation de leurs ressources. L’environnement semble avoir perdu sa priorité, puisqu’il n’est mentionné que dans le deuxième principe, où la protection de l’environnement ne consiste plus dans sa préservation, mais dans le respect des pays ou territoires limitrophes :

Principe 1 : « Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature ».

Principe 2 : Conformément à la Charte des Nations Unies et aux principes du droit international, les Etats ont le droit souverain d’exploiter leurs propres ressources selon leur politique d’environnement et de développement, et ils ont le devoir de faire en sorte que les activités exercées dans les limites de leur juridiction ou sous leur contrôle ne causent pas de dommages à l’environnement dans d’autres États ou dans des zones ne relevant d’aucune juridiction nationale. »[11]

La deuxième question à se poser est le pourquoi de telles conférences? La nécessité est due au besoin de mobiliser la communauté internationale face à des problèmes actuels et futurs. Le principe de Pareto appliqué à la planète, selon lequel 20% de la population mondiale détient 80% des richesses est illustré par des faits précis : En 1960, les 20% les plus riches de la population mondiale disposaient de 30 fois les revenus des 20% les plus pauvres, en 1997 ce rapport est passé à 74.[12] Face à l’augmentation de la population mondiale, 1.4 milliards de personnes vivent avec 1.25 dollars américains par jour, 1 milliard de personnes vivent dans la famine, l’émission des gaz à effets de serre continue d’augmenter, le futur de la planète se joue donc à l’époque actuelle, de manière globale.[13] Le but final ? Un développement durable permettant à toute l’humanité une existence « normale en partageant cette planète, la seule que nous ayons»,[14]  selon la Secrétaire générale de la conférence.

Pour y arriver, les pays ont cherché à répondre à deux arguments : en premier lieu, comment bâtir une économie verte peut faire parvenir à un développement durable et faire sortir les peuples de la pauvreté, dans le respect de l’environnement. Ensuite,  comment améliorer la coordination internationale en faveur du développement durable.

un-secretary-general-ban-ki-moon-at-rio20.jpgÀ la conclusion de Rio +20, le Sommet de juin, Ban Ki-moon déclara : « Je suis très reconnaissant et encouragé par les engagements politiques forts des dirigeants du monde qui ont conclu un accord sur un document final nous ouvrant la voie au développement durable ».

Ce ne sont pas moins de 323 Milliards sur les 513 milliards de dollars mobilisés qui seront destinés à l’initiative du Secrétaire général pour contribuer à garantir l’énergie durable pour tous d’ici à 2030, rapporte Monsieur Ban dans son discours de conclusion.

Le Sommet a pourtant été très critiqué par la presse internationale. Des 200 articles environ de la presse belge et française sélectionnés par la revue de presse du centre régional d’information des Nations Unies à Bruxelles abordant le thème de Rio +20, rares étaient ceux qui parlaient de la conférence de manière positive. Et plus le mois de juin avançait, plus les articles prenaient une tournure négative pour les archives de l’ONU. Comment alors interpréter les paroles de Monsieur Ban ?

DSC_7705family.jpgParmi les critiques qu’on pouvait lire se trouvait le fait que la rédaction du document final ayant été clôturée avant l’arrivée des chefs d’Etats à Rio,  l’absence de certains chefs d’Etats tel que Barack Obama, David Cameron ou encore Angela Merkel peuvent-être révélatrice, ou encore l’ignorance de l’initiative de l’Union européenne. À noter au passage le boycotte du Parlement européen ayant pour cause le coût trop élevé de la conférence.

Mais les critiques les plus importantes contre le document final[15] furent le manque de compromis et d’innovation adopté par le document,  le concept d’économie verte, ou la « marchandisation de la nature » selon Geneviève Azam, économiste et membre du conseil scientifique d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne), qui par ailleurs dénonce le nombre élevé de lobbys industriels à la conférence de Rio[16]. Cet argument avait déjà été souligné lors de la Conférence de 1992. Si l’économie s’est fortement développée au détriment de la nature, la solution fiable pour la protéger serait non pas de continuer l’exploitation de la nature comme un bien dans lequel on pourrait puiser sans mesures, mais au contraire, d’en faire également un bien de marché, liant la nature à une valeur financière, et générant par conséquence le respect de l’environnement. Ceci n’est pas une idée approuvée par tout le monde, comme par exemple les participants au Sommet des Peuples, réunis à Rio en parallèle au Sommet de l’ONU, sommet des peuples qui n’est pas reconnus par l’organisation internationale.

« Rio +20 sera l’une des plus importantes réunions internationales sur le développement durable de notre époque. À Rio, notre vision doit être claire : une économie verte, durable, qui préserve la santé de l’environnement tout en soutenant la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement par le biais d’une hausse des revenus, de la création d’emplois convenables et de l’éradication de la pauvreté» a déclaré Ban Ki-moon quelques temps avant l’ouverture de la conférence. Lors de son discours d’inauguration de la conférence, le Secrétaire Général justifia la réalisation du document final, en nommant lui-même la source du problème lors de la conférence de presse du mercredi 20 juin 2012: « vous devez comprendre que les négociations ont étés très difficiles et lentes en raisons des nombreux intérêts conflictuels.[17] »

Le thème de l’économie, et par la force des choses du développement durable est lié à la protection de l’environnement. Tomber dans un négativisme lorsqu’on aborde ces thèmes est un piège dans lequel sont pris de nombreux militants. L’effort mondial pour mettre en œuvre une politique de protection de l’environnement par des méthodes plus favorables à l’environnement est indéniable… Sans chercher loin, nous avons par exemple la création des déchetteries municipales au cours des dernières années, ainsi que la hausse de popularité du commerce équitable et du développement durable favorisant les relations entre les pays Nord-Sud. Autre exemple, le chiffre d’affaire de Max Havelaar est passé de 18 millions d’euro en 2001, à 315 millions d’euros en 2011.[18]

Beaucoup de progrès reste à faire, spécialement par rapport à l’orientation des économies des pays développés.

L’ONU ne peut pas être tenue comme responsable du système économique mondial, qui tend à la production massive, au déséquilibre des richesses mondiales, et à une  dégradation de l’environnement. L’analyse des causes du mécontentement des participants à la conférence de Rio +20 souligne la difficulté de faire collaborer en vue d’un même objectif un nombre considérable d’acteurs, tous cherchant à défendre des intérêts propres. Le Secrétaire général Ban Ki-moon, toujours dans son discours d’ouverture de la conférence de Rio souligna un point important pour le concert des Nations : « Mais soyons clairs : les négociations multilatérales exigent des concessions de part et d’autre.[19]»

L’ONU, dans son pouvoir d’influence mondial respecte sa mission de sensibilisation des Nations sur les sujets touchant à l’environnement et au développement durable. Une conférence telle que celle qui a eu lieu cette année, objectivement considérée, ne peut-être qu’un bien pour l’humanité.

  1. La crise politique du Mali

LM - GEOPOL mali décrypté (2013 01 15) FR  2.jpgIl est possible d’aborder le thème des Nations Unies au Mali par plusieurs angles. Cependant nous nous limiterons strictement à une observation depuis une perspective politique et militaire, en ne touchant que de très loin le domaine du développement et de l’humanitaire.

Le Mali est une ancienne colonie française ayant obtenue son indépendance en 1960. Situé dans la région perturbée du Sahel, l’une de ses zones, l’Azawad, se trouve fortement perturbée par des mouvements indépendantistes touaregs : le MNLA (Mouvement National pour la libération de l’Azawad) s’autoproclamant laïc, ainsi que le mouvement islamiste Ansar Dine, cherchant l’instauration de la charia. « La Charia est non négociable (…) nous sommes déjà un Emirat islamique, et l’Afghanistan des talibans est bien notre modèle (…). Le seul avis qui nous importe est celui d’Allah. Le reste n’a aucune importance pour nous, y compris ce que les médias appellent la “communauté internationale”. Son avis et ses préoccupations ne nous concernent en rien. Que le monde entier soit contre nous, cela nous laisse indifférents ».[20] Voici les propos tenus par le chef des islamistes du mouvement Ansar Dine de Tombouctou à Lemine Ould M. Salem, journaliste pour Le Soir, à Bruxelles.

La situation du Mali est compliquée, car le pays se trouve divisé depuis son indépendance non seulement entre la région nord et la région sud, mais la région nord, celle de l’Azawad, se trouve elle-même divisé en trois différentes parties, peuplés d’ethnies différentes : les touaregs occupant le Sahara central; les maures, dans le nord-ouest du pays, et enfin l’Azawad du fleuve, avec différentes tribus : Songhaï, Peul, Maures et Touaregs. Suite à l’indépendance du Mali, ce sont les noirs qui prirent la direction du pouvoir, les touaregs étant une minorité. Aujourd’hui, ce sont les Touaregs qui réclament l’indépendance. Si l’Azawad devenait indépendant, il serait encore à discuter qui en serait bénéficiaire.[21]

Ces deux mouvements formèrent une alliance qui fut vite rompue en raison de divergences d’intérêts, essentiellement religieuses. Le Mali représente pour l’Occident, particulièrement pour la France un point d’intérêt. Le sol malien est riche en uranium, valeur sûre pour assurer la sécurité énergétique de la France dans le futur.

1673678_3_cfe3_des-militaires-maliens-dans-les-rues-de-bamako_236d05496f37fcd6dab8e966f472f797 Le 22 mars dernier, un coup d’état à Bamako mené par l’armée plaça le capitaine Amadou Haya Sanogo au pouvoir après avoir renversé le président Arnadou Toumani Touré qui démissionna quelques jours plus tard.  Seulement quelques jours plus tard, le 6 avril, le MNLA profite de chaos régnant dans le pays pour publier sur sont site internet une déclaration d’indépendance autoproclamée par mais non reconnue par l’Union africaine, la France ainsi que l’Union européenne. Le 12 avril, Dioncounda Traoré est nommé président par intérim avec pour mission de former un gouvernement d’union nationale.

Les dernières actualités en date au moment de la rédaction de cet article montrent que le Conseil de Sécurité des Nations Unies s’oriente en direction d’une intervention armée au Mali. La France se trouve impliquée dans l’affaire du Mali pour deux raisons différentes : la première en tant qu’ancien pays colonisateur, et la deuxième en tant que membre du Conseil de Sécurité des Nations unies.

Gérard Araud, Représentant Permanent de la France au siège de l’ONU à New York, a déclaré au Conseil de Sécurité que la France envisageait dans un premier temps une résolution pacifique pour encourager une réponse politique et militaire. Dans un deuxième temps, une deuxième résolution autorisant une force d’intervention africaine au Mali du Nord.

D’après une vidéo des otages français détenus depuis deux ans par le Mouvement Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique) au Mali du nord, une intervention armée n’est pas la clé de la solution, et serait une menace de mort pour ces otages.[22]

Si nous reprenons l’article du professeur Bernard Lugan, nous lisons qu’il propose une double solution : en premier lieu, le Mali « unitaire » n’existant plus, sa survie comme État ne peut se faire qu’à travers la reconnaissance institutionnelle d’une entité nordiste dont les liens avec le Sud seront à définir. Par ailleurs, l’Azawad devra lui-même être subdivise en trois sous régions correspondant aux réalités ethnographiques locales.[23] Cette solution s’avère juste si l’on se maintient à un point de vue décrivant les différentes ethnies. Mais y aurait-il vraiment une paix? Est-ce que des mouvements comme Ansar Dine et Aqmi se contenteraient d’une partie limitée par la communauté Internationale pour poursuivre leur objectif d’instaurer la Sharia?

Les Nations Unies sont impliquées au Mali de manière directe par différents programmes et départements comme le HCR (Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés), UNICEF (fonds des Nations Unies pour l’enfance), ONUSIDA, ou encore le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement). Par ailleurs, via la France et de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), le Conseil de Sécurité pousse le pays en direction du rétablissement d’un gouvernement politique fort et d’une armée malienne républicaine, conditions sine qua non pour l’établissement de solutions politiques et militaires en toute légalité.

Pour Philippe Hugon, directeur de l’IRIS à Paris (institut de Relations Internationales et Stratégiques) et spécialiste sur la question du Mali, les troupes terroristes du Mali du Nord sont composés d’environ 5000 hommes, dont 700 sont extrémistes. Il existe une possibilité de faire basculer les troupes rebelles dans une armée malienne, à condition de leur offrir une sécurité d’emploi.

À l’heure qu’il est, l’ONU ne s’est toujours pas prononcé sur la situation au Mali.  Pouvons-nous donc imaginer une solution tant que ces groupes islamistes existeront puisqu’eux-mêmes déclarent se moquer de ce que peut dire la communauté Internationale?

Ne nous trouverons-nous pas face à un dilemme, si reconnaître l’indépendance de l’Azawad était synonyme d’une nouvelle prise de pouvoir des mouvements Islamiques, tandis que demeurer dans la situation actuelle, serait synonyme de rester dans une situation de guerre civile?

Faut-il songer à une intervention armée au Mali? Ou au contraire, faut-il une solution politique et de diplomatique? La solution ne se présente pas de manière unique, mais en une succession d’étapes. Quelle serait la première?

Le ré-établissement d’un gouvernement et d’une armée officielle, bénéficiant du soutient politique et humanitaire de la communauté internationale et de l’Union africaine serait sans aucun doute la première étape pour parvenir à une réforme du pays. Il y aurait de sérieuses raisons de penser que la meilleure forme pour y arriver passerait par l’appui et le contrôle des forces internationales (ONU, OTAN, Union Africaine).

En deuxième lieu, une fois un gouvernement établi, il serait en mesure de passer à l’étape suivante, à savoir le dialogue du gouvernement avec les groupes souhaitant l’indépendance de l’Azawad.

Mais quel nom donner à cette « indépendance »? Quelle solution apporter? Une fédéralisation avec la création d’un nouvel état comme au Soudan du Sud? Ou une confédération? En se dirigeant vers les « États-Unis du Mali », dont chacune de ses régions aurait un pouvoir presqu’autonome reconnaissant l’identité forte des différents composants du pays, sans pour autant rompre avec l’unité du pays?

Comme le dit le professeur Lugan, le nord-Mali se trouvant divisé en trois parties, il est très peu probable qu’il puisse former une unité par lui-même. Assurer un gouvernement dont les membres seraient des représentants des différentes minorités et régions, prêts au dialogue et à rechercher des intérêts communs semble, à notre humble avis, semble la meilleure des solutions même si cette solution naturellement présente des difficultés, puisque le Mali compte 13 grandes ethnies…

4. La démission de Koffi Annan comme médiateur de l’ONU et de la ligue arabe en Syrie

 koffi annan assadPendant l’été 2012, de nombreux articles ont été publiés sur le cas de la Syrie, où la communauté internationale semble avoir eu beaucoup de difficultés pour parvenir à un accord d’intervention en Syrie. Les événements du printemps arabe ont touché également le pays de Bachar el- Assad, ou depuis plus d’un an le peuple se soulève contre le régime au pouvoir.

Au mois de mars 2012, Ban Ki-moon avait nommé l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Koffi Annan, comme médiateur de l’ONU et de la ligue arabe en Syrie. Au mois d’août, celui-ci a annoncé qu’il ne souhaitait pas renouveler son mandat, «J’ai fait de mon mieux», dit-il dans son communiqué de presse à Genève, mais «la militarisation croissante sur le terrain et le manque évident d’unité au sein du Conseil de sécurité ont fondamentalement changé les circonstances pour l’exercice effectif de mon rôle». «Je n’ai pas reçu tous les soutiens que la cause méritait», a-t-il déclaré aux journalistes[24]. Monsieur Annan avait présenté en mars un plan de paix en six points appelant à la fin des violences, à l’ouverture d’un accès aux agences humanitaires, à la libération des détenus, au début d’un dialogue politique inclusif qui prenne en compte les aspirations du peuple syrien, ainsi qu’à un accès sans entrave pour les médias internationaux et au respect des libertés civiques de tous les Syriens. Dans différents discours, tant le Secrétaire Général de l’ONU que le successeur de Monsieur Annan, on affirmé vouloir continuer à travailler avec cette proposition de monsieur Annan.

En géopolitique, il faut toujours observer trois facteurs pour l‘analyse d’une situation : le temps, la géographie, et enfin les intentions ; c’est en fonction de ces points que nous tenterons d’analyser la situation syrienne.[25]

Pour comprendre la Syrie, tout comme la situation actuelle du monde arabe, il faut utiliser comme clé de lecture l’opposition sunnites-chiites. Selon David Rigoulet-Roze, enseignant et chercheur rattaché à l’Institut d’Analyse Stratégique de Paris, les puissances orientales se livrent en Syrie à une guerre « par procuration ». Alors que la plupart des pays arabes sont de majorité sunnite, les chiittes ne forment une majorité qu’en Iran, en Azerbaïdjan, en Irak et au Bahreïn. Toujours selon David Rigoulet, les Sunnites ont peur d’un « croissant chiite » allant de l’Iran à la Méditerranée, soutenu en plus par le Hezbollah libanais, lui-même appuyé par le régime d’Assad.

Le régime syrien est dirigé par le clan Assad, alaouite, une branche laïciste du chiisme et représentant 11 % de la population syrienne. Selon le politologue, si le régime syrien venait à tomber, ce serait le cas également pour « le croissant chiite ». « Ajoutez à cela la question nucléaire iranienne. Si le pays obtient l’arme atomique, il serait le seul pays musulman de la région à la posséder, ce qui effraie beaucoup les monarchies du Golfe, qui craignent un déséquilibre, et une course à l’armement nucléaire » explique encore David Rigoulet. [26]

La Chine et la Russie ont interposé leur veto face à la décision du Conseil de Sécurité d’intervenir en Syrie. Pourquoi ? La Russie est depuis longtemps alliée de la Syrie ; depuis la guerre Froide, elle équipe l’armée syrienne de matériel de guerre Russe, mais en plus, la Russie possède depuis 1971, en Syrie, un accès à la mer Méditerranée, grâce au port de Tartous. Richard Weitz, dans son livre Global Security watch, rapporte qu’en 1990, la Syrie avait contractée une dette de 13.4 millions de dollars envers la Russie. En mai 2005, le ministre des Finances Russe, Alexei Kudrin, signa un accord à Damas avec son collègue syrien Mohammed al-Hussein déclarant l’annulation de la dette syrienne à un taux de 73%, soit 9.8 milliard de dollars, le reste étant dédié à des projets de développement communs en matière d’eau, d’huile et de gaz[27].

Quand à la Chine, il se trouve qu’elle est le plus grand pays ayant des relations commerciales avec la Syrie[28]. Par ailleurs, elle exploite également les réserves d’huiles syriennes. Et si la Chine n’avait aucuns intérêts en Syrie ? Effectivement c’est du côté de l’Iran qu’il faut jeter le regard afin de mieux comprendre la situation. Ce sont 10% des importations chinoises provenant de l’Iran, et dont le pétrole représente un 80 % des importations.[29] Si l’Occident intervenait en Syrie, l’Iran se trouverait directement menacée, pouvant aller jusqu’à être envahie puisque susceptible de posséder l’arme nucléaire. La déstabilisation du régime iranien serait fatale pour l’économie chinoise, spécialement pour ses ressources pétrolières.

Nous trouvons nous face à un dilemme dans la crise Syrienne? Si la communauté internationale n’agit pas, c’est parce que la diplomatie internationale ne parvient pas à un accord faisant l’unanimité. Si la communauté internationale agit, alors les risques de crises au Moyen Orient s’accélèrent : tout d’abord une division du Conseil de Sécurité serait envisageable (la Chine et la Russie restant sur leurs positions), avec peut-être pour conséquence une guerre régionale entre l’Iran et l’Arabie saoudite, elle-même soutenue par les Etats-Unis d’Amérique.

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Bertrand Badie, professeur à l’Institut de Sciences Politiques de Paris, dans un chat sur internet du mardi 11 septembre 2012 analyse la politique de non-intervention de la communauté internationale dans la question syrienne de la manière suivante : « La Syrie n’est pas un fiasco politique (…) En réalité, la diplomatie internationale connaît un blocage, dont le tort ne revient aujourd’hui à aucun acteur en particulier. » selon lui, plusieurs facteurs sont en cause, le terrain syrien n’est en rien comparable à la Libye, l’Afghanistan ou l’Iraq. La grande urbanisation du pays, l’équipement militaire présent sur place, ainsi que les moyens de répression possibles rendent une intervention militaire une opération délicate. La proximité d’Israël et de la Palestine, celle du Liban, et de l’Irak justifient également la non- intervention.[30]

Si la Chine et la Russie ne donnent pas leur accord, il est impossible pour le Conseil de Sécurité de parvenir à une résolution. Récemment, Ban Ki-moon sur TV5, en s’entretenant avec des journalistes du journal Le Monde, de RFI et de TV5 répondit en français aux questions posées en exposant, entre autres, la position du nouvel envoyé spécial: « Lakhdar Brahimi, s’il est soutenu par les pays arabes et la communauté internationale, est convaincu qu’il peut résoudre la situation. Y a t’il une nouvelle chance de succès là ou Annan a échoué ?- Nous avons le plan en six points de Koffi Annan, un plan d’action, un communiqué conjoint du groupe d’action, l’appui du Conseil de sécurité. On ne peut pas garantir un succès diplomatique, mais après 19 mois et 20 000 morts toute la communauté internationale souhaite mettre fin à la crise ». [31]

image« Moscou et Pékin considèrent que le seuil de l’acceptable a été franchi » continue le professeur Badie, « notamment dans l’affaire libyenne, par des puissances occidentales qui, à la faveur des « printemps arabes », risqueraient peu à peu de s’imposer comme les uniques tuteurs de la région, ce qui, évidemment, est difficilement acceptable. Mais on peut émettre l’hypothèse que sans le dire, et tout en s’en défendant, les puissances occidentales sont comme soulagées d’utiliser les vetos russe et chinois comme prétexte solide pour ne pas intervenir là où elles ne s’en sentent ni capables ni déterminées pour le faire. Pour toutes ces raisons, je crois qu’il convient de ne pas se précipiter à interpréter le défaut d’intervention comme un échec, alors que s’amorce discrètement une réflexion profonde dans les chancelleries sur les limites mêmes du principe d’intervention ; alors qu’aussi le « printemps arabe » nous aide à comprendre que les questions posées le sont d’abord sur des scènes nationales, et que c’est bien à ce niveau qu’il convient d’agir. On notera d’ailleurs que rares sont les opposants syriens qui réclament explicitement une telle intervention. »[32]

5. Rôle et objectifs originaux des Nations Unies

La mission des Nations Unies est complèxe et délicate. Par son histoire, l’ONU est un instrument des Nations afin d’établir des moyens concrets pour arriver à une situation de paix durable dans le monde. Le but des Nations Unies, tel qu’il est reprit dans l’ABC des Nations Unies à partir de la Charte de l’ONU peut se résumer en quatre points[33] :

  • Maintenir la paix et la sécurité internationales
  • Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe d’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes.
  • Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel et humanitaire et en développant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
  • Enfin, constituer un centre où s’harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes.

Pourquoi la paix est-elle un objectif qui n’est pas encore atteint? De fait la paix peut-elle être atteinte ?

Le 12 octobre nous avons appris que le prix Nobel sera remit cette année à l’Union européenne. Un prix mérité pour un effort de paix entre des Etats de l’Union qui a perduré depuis plus de cinquante ans.   Les états membres de l’Union européenne n’avaient jamais connus jusqu’alors 50 ans de paix. Comment expliquer le fait que la paix puisse d’une certaine manière « marcher » en Europe, mais pas pour les Nations Unies ?

L’Union européenne, par la constitution de la CECA (communauté européenne du charbon et de l’acier)  le 23 juillet 1952 a su mettre en commun les deux produits de base pour l’industrie de guerre. Les pères fondateurs de l’Europe, eux-mêmes ayant connu la guerre de manière à y être impliqués en première ligne ont su aller au-delà de leurs blessures personnelles pour mettre en place les moyens nécessaires à l’établissement de la paix. schumann1

Ainsi, Robert Shuman, dans sa célèbre déclaration que Jean Monet aurait rédigé avec lui, prononça ces paroles : « La mise en commun des productions de charbon et d’acier assurera immédiatement l’établissement de bases communes de développement économique, première étape de la Fédération européenne, et changera le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes[34]. »

Plus bas dans sa déclaration, Monsieur Shuman dira également : « Par la mise en commun de productions de base et l’institution d’une Haute Autorité nouvelle, dont les décisions lieront la France, l’Allemagne et les pays qui y adhéreront, cette proposition réalisera les premières assises concrètes d’une Fédération européenne indispensable à la préservation de la paix. »

L’histoire de l’intégration européenne est une preuve que les objectifs des Nations Unies ne sont pas utopiques. Cependant, pour y arriver, il est primordial d’établir pour les Etats des intérêts politiques et économiques fondés sur les Droits de l’Homme et qui sont la clé pour parvenir à une paix réelle. Les Nations Unies font un travail énorme afin d’améliorer les conditions de vie des Hommes touchés par les conflits et la pauvreté. Cependant, les quelques exemples que nous avons étudiés nous montrent que la première priorité de tous les Etats n’est pas en conformité avec les objectifs de l’ONU et que du chemin reste à parcourir.

Depuis plusieurs années, la réforme de l’ONU, et plus particulièrement du Conseil de sécurité est un thème à l’ordre du jour. Par exemple, il est question d’augmenter le nombre d’Etats membres du Conseil de sécurité. La France soutient l’entrée comme membres permanents de l’Allemagne, du Japon, de l’Inde et du Brésil et examine la possibilité également pour un état arabe. Par ailleurs, elle propose qu’il y ait un nombre plus grand de pays africains élus[35]. Cet élan de réformes a été confirmé par le Représentant permanent, Gérard Araud, le 2 juillet dernier dans un discours au Conseil de securité.

Une coopération plus grande entre les états est urgente afin de parvenir à des engagements qui servent l’intérêt commun. Celle-ci doit passer par des intérêts communs, et par la force des choses, par une économie saine et basée sur un développement durable et une juste relation entre les pays du Nord et du Sud.

Pour reprendre les paroles de Bertrand Badie dans le texte que nous avons déjà cité précédemment « On a trop vite et trop souvent pensé que toutes les crises pouvaient être résolues par une action internationale. C’était oublier, dans une période d’euphorie trompeuse, que l’action internationale ne peut pas tout faire face à des crises intérieures du système politique. (…) On perdait de vue que l’intervention régulatrice se mêlait inévitablement à l’intervention de puissance et que la manière dont celle-ci s’est progressivement reconstituée donnait à certaines puissances un pouvoir excessif, tenant les autres à l’écart et transformant les crises qu’on prétendait résoudre en succès unilatéral de certains face à d’autres. (…).

Et à cela, déjà Victor Hugo  le 21 août 1849 lors du Congrès pour la paix déclara:

« Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains, à vous aussi ! (…) Un jour viendra où l’on verra ces deux groupes immenses, les Etats-Unis d’Amérique, les Etats-Unis d’Europe, placés en face l’un de l’autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies, défrichant le globe, colonisant les déserts, améliorant la création sous le regard du Créateur, et combinant ensemble, pour en tirer le bien-être de tous, ces deux forces infinies, la fraternité des hommes et la puissance de Dieu ! »

[1] Soudan, un désastre moral pour l’ONU, par Jacky Mamou, dans le Monde, édition du 15 août 2012, voir en index.

[2] Résolution de l’Assemblée Générale 65/281, 20 juillet 2011

[3] Cf. www.unwatchenfrancais.blogspot.be, 7 août 2012

[4] Résolution de l’Assemblée générale 60/251, 3 avril 2006

[5] Cf. Les deux mandats d’arrêt à l’encontre d’Omar Hassan Ahmad Al Bashir par la Cours Pénale Internationale du 4 mars 2009 et du 12 juillet 2010.

[6] Cf. Rapport du Secrétaire général sur le Soudan, 4 février 2005

[7] Outrage: Sudan’s Al-Bashir, Indicted for Genocide, is Nominated for Seat on U.N. Human Rights Council, UN Watch, communiqué de presse du 12 juillet 2012.

[8] Déclaration finale de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement, Stockholm, du 5 au 16 juin 1972.

[9] Input to Compilation of United Nations System Inputs  for Consideration in the Drafting Process of the Outcome Document of the United Nations Conference on Sustainable Development, Rio de Janeiro, Juin 1992, http://www.unwomen.org/wp-content/uploads/2011/11/Rio+20-ECESAPlus-Contribution-to-Compilation-Document.pdf

[10]Conférence des Nations Unies sur l’environnement, déclaration de Stockholm, Programme des Nations Unies pour l’environnement, http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?documentid=97&articleid=1503&l=fr

[11] Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement, Rio de Janeiro, Brésil, 3 au 14 juin 1992

[12] ATTAC France : http://hack.tion.free.fr/mvtsoc/Attac/www.attac.org/france/passeport/02mini.htm

[13] Organisation des Nations Unies, http://www.un.org/fr/sustainablefuture/pdf/conf_brochure_fr.pdf

[14] Sha Zukang, Secrétaire général de la Conférence Rio+20, ibidem

[15] « L’avenir que nous voulons », Résultat de la Conférence Rio +20, 20-22 juin, Rio de Janeiro, Brésil

[16] Humanité du 14 juin 2012, interview de Marthe Rubio avec Geneviève Azam

[17] Conférence de presse du Secrétaire général des Nations Unies, 20 juin 2012, http://www.un.org/sg/offthecuff/index.asp?nid=2361

[18] Max Havelaar,  http://www.maxhavelaarfrance.org/le-commerce-equitable/en-chiffres.html

[19] Ban Ki-moon, discours d’inauguration du Sommet Rio +20, 20 juin 2012

[20] Le Soir, lundi 20 août 2012, édtion de Bruxelles

[21] Cf. Bernard Lugan, L’Afrique Réelle, nº31,  juillet 2012, Mali : La revendication de l’Azawad est-elle réaliste?

[22] Vidéo du mercredi 29 août 2012, publié par la Sahara Media Agency le 8 septembre 2012, http://fr.saharamedias.net/Video-Les-otages-francais-supplient-le-president-francais-d-agir-pour-les-liberer_a3493.html

[23] Cf. Bernard Lugan, L’Afrique Réelle, nº31, juillet 2012, Mali : La revendication de l’Azawad est-elle réaliste?

[24] Centre d’actualité de l’ONU, déclaration de l’envoyé conjoint de l’ONU et de la Ligue Arabe pour la crise en Syrie: 2 août 2012, http://www.un.org/apps/news/infocus/Syria/press.asp?NewsID=1245&sID=41

[25] Alain Mauresh-Siman, cours de Stratégie politiques internationales, Institut Catholique de Toulouse

[26] Comment l’opposition Chiites-Sunnites joue sur la crise syrienne, Shahzad Abdul, Le Monde, Paris, 22/08/2012

[27] Global Security watch- Russia, a reference handbook, Richard Weitz, Santa Barbara 2012, p. 30

[28] European Commission, trade,  http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2006/september/tradoc_113451.pdf

[29] Cf. Fondation Alcen, pour la connaissance des énergies, http://www.connaissancedesenergies.org/iran-l-embargo-petrolier-en-questions-120207

[30] Bertrand Badie, reprís par le journal Le Monde, idées,  le 11 septembre 2012, Paris

[31] Ban Ki-Moon, interview sur TV5 Monde, 16 septembre 2012,  http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Revoir-nos-emissions/Internationales/Episodes/p-22885-Ban-Ki-moon.htm

[32] Idem

[33] ABC des Nations Unies, édition 2011, page 4

[34] Déclaration Shuman du 9 mai 1950

[35] Représentation Permanente de la République française à l’ONU : http://www.franceonu.org/la-france-a-l-onu/dossiers-thematiques/reforme-de-l-onu/la-reforme-du-conseil-de-securite/la-france-a-l-onu/dossiers-thematiques/reforme-de-l-onu/la-reforme-du-conseil-de-securite/article/la-reforme-du-conseil-de-securite

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