L’INDIVIDUALISME, CE TALON D’ACHILLE DE LA DROITE

Je suis profondément de droite. J’appartiens au parti politique des Républicains, et suis fier de les représenter à un moment difficile de notre histoire.
Si la droite s’est écroulée pendant les dernières années, c’est parce que les français ont perdu confiance en elle. Ils ont été abusés, trompés, utilisés, et cette chute n’est autre que le ras-le-bol collectif exprimé par une population trop souvent négligée.

Mais où trouver la cause profonde de cet écroulement ?

« Lorsque l’homme est heureux, il est en harmonie avec lui-même et avec ce qui l’entoure. Le nouvel individualisme auquel travaille, qu’il le veuille ou non, le socialisme, sera l’harmonie parfaite. » Oscar Wilde, Le Portrait de Mr. W.H.

D’après Universalis, l’individualisme désigne « la doctrine qui accorde à l’individu une valeur intrinsèquement supérieure à toute autre et ce dans tous les domaines – éthique, politique, économique –, où toujours priment les droits et les responsabilités de ce dernier ».

Cet individualisme nuit à notre société. Il peut accepter un compromis, un « contrat », mais ne tiendra pas compte du bien commun.  Dans l’individualisme, « l’autre » est limité à être l’objet de ma contrainte, une réalité externe et gênante dans la quête de liberté individuelle dont je suis obligé de tolérer l’existence, sans jamais lui faire confiance. Comme disait Thomas Hobbes « Homo homini lupus est », l’homme est un loup pour l’homme.

Notre Président français a été élu parce qu’il prétendait être le seul à pouvoir dépasser le clivage droite/gauche, contribuant au vrai changement de la France. Pourtant l’individualisme est omniprésent si l’on observe sa politique : monopole et centralisation du pouvoir sur son équipe rapprochée, absence de débat réel avec l’opposition, et jusqu’au titre choisi pour son programme de campagne présidentielle : « Mon contrat avec la nation ».

Quel projet pour la droite ?

Pour se renouveler, la droite ne peut pas tomber dans le piège de l’individualisme. Si notre vision de l’homme et de la société est identique à celle de nos opposants politiques, les programmes auront beau être différents, le résultat sera identique, nous retomberons dans la spirale infernale du clivage droite/gauche.

« Il y a deux droites » disait Valérie Pécresse devant le conseil national des Républicains en décembre dernier. « Il n’y a qu’une seule droite » répondait le nouveau Président élu Laurent Wauquiez.
Dans un article du 4 février 2018 de l’Obs[1], Gilles Richard, Historien et professeur à l’université de Rennes, apporta une distinction intéressante sur le sujet : Madame Pécresse parle de familles politiques, Monsieur Wauquiez parle de son côté du parti politique.
Richard décrit dans le même article les deux familles politiques principales de droite : Néo-Libéraux[2] et Nationalistes[3], auquel, par soucis d’exactitude, je rajouterai une troisième : les « Libéraux-Conservateurs » où je me situe, encrée dans le bon sens, bien décrite dans les mots de Benjamin Disraeli, Premier Ministre et fondateur de la droite moderne britannique : « I am a Conservative to preserve all that is good, a Radical to remove all that is bad » (Je suis conservateur pour préserver tout ce qui est bon, un radical pour retirer tout ce qui est mauvais).

La droite française est donc un ensemble d’idées et de convictions portées par des femmes et des hommes dont la passion doit être la recherche d’une politique commune au service de l’accomplissement du bien commun et de l’épanouissement de la nature humaine.

Deux critères sont primordiaux pour mesurer le succès de la renaissance de cette droite : la relation vis-à-vis du temps : passé, présent et avenir. Deuxièmement la relation vis-à-vis de nous-même : une capacité de remise en question honnête et profonde. Sans cela, nous ne serons pas en mesure d’affronter les défis d’une société en changement perpétuel.

Pour regagner efficacement la confiance des français, nous devons placer l’humanité comme fondement et centre névralgique de l’activité politique, seul point de départ pouvant véritablement impacter la vie de nos concitoyens.
Mettre l’humain au centre, c’est adopter une vision de « l’autre » qui devient « quelqu’un ». Il est considéré comme un sujet à part entière : je choisis librement de le reconnaître et le de le respecter tel qu’il est, comme il est.

En décembre 2017 nous avons élu notre nouveau chef en la personne de Monsieur Laurent Wauquiez. C’est parce qu’il agit en toute légitimité qu’avec mes collègues des Républicains du Canada, je lui ai manifesté tout mon soutien à la suite de son élection, bien qu’ayant voté pour Madame Florence Portelli.

Comme beaucoup d’autres militants, je suis et resterai fidèle à ma famille politique non pas parce que nous avons un Président du nom X ou Y, mais parce que je crois intimement dans le projet de reconstruction de la droite. Souhaiter la réussite à notre nouveau Président est dans l’intérêt de tous les français.

Pendant de nombreuses années j’ai appartenu à un ordre religieux. Si l’expérience fut extrêmement enrichissante sur le plan humain, la vie en religion n’était pas pour moi. La volonté d’engagement au service des autres est pourtant restée profondément ancrée en moi et demeure aujourd’hui le moteur de mon implication politique.
L’un des principaux enseignements de cette période fut l’importance cruciale du respect de la liberté personnelle. C’est pour cela qu’en politique, je n’aime pas me définir en tant que « Sarkozyste », « Juppéiste », « Filloniste », en fin de compte vivre sous une étiquette. Lorsqu’on me pose la question, je réponds que je suis un homme de droite, humaniste, libre, fidèle à mes convictions et soutiendrai toujours le candidat de ma famille politique tant que celui-ci sera légitimement investi.

Pour moi, la droite, ce sont des millions de français, des femmes et des hommes qui ont besoin de gens s’engageant dans la défense de leurs valeurs et de leurs intérêts.
Pour moi, être de droite, c’est investir sur du long terme dans l’être humain, et mettre en œuvre le nécessaire pour permettre à notre pays et nos concitoyens de rayonner.
Pour moi, être de droite c’est demeurer fidèle à mes racines, à celles de mes ancêtres et celles de mon pays, tout en vivant avec mon temps, dans un devenir ouvert au futur.

« L’enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine. » Simone Weil

[1]https://www.nouvelobs.com/politique/20180201.OBS1599/il-y-a-deux-droites-l-une-neoliberale-l-autre-nationaliste.html

[2] Un article entier ne suffirait pas à expliquer le Néolibéralisme. Par soucis de concision, définissons-le comme un mouvement de pensée de droite s’inspirant du libéralisme, visant à décourager l’intervention d’un État dans la régulation des marchés. Cf. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1609

[3] Idéologie politique prônant la souveraineté de l’État Nation. Cf. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1609

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