LE GEAI PARÉ DES PLUMES TRICOLORE

Jean de la Fontaine avait, fort pertinemment et dejà en son temps, remarqué ces individus qui aiment se pavaner par monts et par vaux, ridicules sans le savoir, tel un geai adoptant le plumage d’un poan.

Au mois de septembre 2018 j’ai claqué la porte de la Fédération Tricolore de Toronto, alors que je m’y étais impiqué depuis son lancement. Bon nombre de personnes m’ont alors demandé les raisons de mon départ. Il n’est que juste envers la communauté française de Toronto d’en expliquer le motif.

Ma mission au sein de l’association était “Directeur du Comité Bastille Day”. Concrètement ceci impliquait d’assumer le leadership de l’organisation logistique du 14 juillet. Les volontaires pour le poste étaient peux nombreux… en fait j’étais le seul. Tout le monde réalisait fort bien qu’il s’agissait d’une vraie tâche chronophage. Pour remplir cette mission, je n’avais ménagé ni les efforts, ni le temps, allant jusqu’à poser plusieurs jours de congés personnels (des 10 jours de congés annuels que j’avais à l’époque) au profit de l’événement.

Au 1er avril, le compte banquaire de la FTT ne comptait que quelques petites centaines de dollars, et nous avions la chance d’avoir à disposion quelques archives d’un 14 juillet précédent. Nous nous mîmes au travail, et 3 mois plus tard, le 14 juillet 2018, la communauté française de Toronto pu profiter d’un événement avec un budget de près de $30,000, avec plus de 2,000 personnes et 40 exposants, et une petite dizaine d’artistes. Tout ce travail se devait certes à la FTT, mais dans ce projet concret, si ce n’était pas pour le travail assidu d’Olivier et Martine Debregeas, Adra Berezintzev, Steven Monteaud, Aude Payant et moi-même,  et le 14 juillet 2018 de Toronto et la FTT aurait demeuré au stade de beau papier, comme les deux années précédente, alors que les élus en avaient la charge.

Lors de ce 14 juillet, l’un de nos visiteurs de marque était l’un des Sénateur des français de l’étranger, Monsieur Christophe-André Frassa.

En relatant la célébration du 14 juillet ainsi que la visite de notre Sénateur à Toronto dans une infolettre aux adhérents des Républicains (que je representais à l’époque) quelques temps plus tard, j’ai écrit la phrase suivante: “L’événement, dont j’étais l’un des principaux organisateurs, fut une belle opportunité pour tisser de nouvelles rencontres, accroître la visibilité des différents acteurs français locaux, et renforcer les liens unissant notre petite communauté.” Cette phrase, que j’assume entièrement, a fait scandal chez certaines personnes, qui en ont fait un cinéma, en m’envoyant directement au bûcher sous prétexte de « récupération politique ».

Alors pourquoi avoir démissioné?

D’une part parce que mon intégrité a été remise en cause de manière grave, dans mon dos, par des jugements gratuits de la part de deux membres du Conseil d’Administration de la Fédération Tricolore: des petits compliments tel que “me faire mousser”, “être malhonnête”, de “mépris de l’organisation”, et de comportement allant “bien au delà de la maladresse”. Tout ceci bien entendu sans avoir pris ni le temps, ni le soin de prendre leur téléphone pour communiquer avec moi, comme le Président avait au moins eu le mérite de le faire lorsque je l’ai appelé. Ironie du sort, le membre ayant provoqué l’avalanche de critiques n’était autre que le responsable de la communication du parti LREM, sa consoeur était elle active à l’UFE, et tous deux partagaient une présence symbolique et discrète dans le conseil d’administration de la FTT lorsque le reste de l’équipe travaillaient comme des boeufs. Et si « récupération politique » il y avait, ce n’était certainement pas de moi.

Cette acte entraîna la démission immédiate de la trésorière de la FTT, Madame Taccon, qui agit parce qu’elle était choquée des propos entendus à mon sujet, pour manifester son désaccord avec les deux compères du board, et en témoignage de soutien envers moi. D’autres personnes la suivirent pour la même raison, dont moi, bien entendu.

Au délà du conseil d’administation, et ceci en est sans doutes le motif principal, je souhaite dénoncer la vraie récupération politique de cette affaire: initiée par le responsable de la communication du parti LREM, elle servit ensuite à nos deux élus locaux qui sautèrent sur l’opportunité. Nos deux Conseillers Consulaires de Toronto (en photo) n’ont pas hésité un seul instant à mêler leur petit jeu politique au monde associatif, faisant preuve d’irresponsabilité et de manque de dignité dans leur rôle d’élus.

Ces mêmes élus s’étaient pourtant précipités pour monter sur l’estrade lors des célébrations du 14 juillet, se pavanant en compagnie des membres de la Fédération Tricolore organisateurs du Bastille Day, tel le geai au milieu des paons pour recevoir les applaudissements des personnes présentes, sans avoir rien fait, même pas levé un petit doigt pour en soutenir le travail de préparation.

Ce sont ces élus qui par leur action irresponsable et leur récupération politique, peuvent se féliciter d’avoir détruit une association de bénévoles engagés, qui très vite ne tarda pas à battre de l’aile, jusqu’au jour d’aujourd’hui.

Je tiens à exprimer tous mes remerciements à notre armée de bénévoles sans qui le 14 juillet n’aurait pas été un succès, de manière encore plus particulière un grand merci aux membres de mon ancien comité: des personnes extraordinaires investies pour les bonnes raisons avec le coeur à la bonne place: Aude, Adra, Margaux, Charlotte, Karine, Lise, Marin et Florian. Merci aussi aux membres fondateurs, l’Alliance française, le Lycée Français et la Toronto French School, qui eux aussi, en quelques sortes, ont vu leur projet victime de l’ambition déplacée de leurs élus locaux.

Un jour, je l’espère, nous arriverons à faire un autre 14 juillet à coup de dynamite!

 

Un paon muait : un geai prit son plumage ;
Puis après se l’accommoda ;
Puis parmi d’autres paons tout fier se panada,
Croyant être un beau personnage.
Quelqu’un le reconnut : il se vit bafoué,
Berné, sifflé, moqué, joué,
Et par messieurs les paons plumé d’étrange sorte ;
Même vers ses pareils s’étant réfugié,
Il fut par eux mis à la porte.
Il est assez de geais à deux pieds comme lui,
Qui se parent souvent des dépouilles d’autrui,
Et que l’on nomme plagiaires.
Je m’en tais, et ne veux leur causer nul ennui :
Ce ne sont pas là mes affaires.

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